Contexte
Je m'appelle Olsa, je suis étudiante en master, et quand j'étais petite, je rêvais de vivre à Barcelone. Tout n'a pas commencé par des ambitions académiques ou des objectifs de carrière ; tout a commencé par le football. J'étais une immense fan du FC Barcelone, et cette ville avait pour moi une magie particulière. Mais en grandissant et en trouvant ma voie dans l'économie, ce rêve d'enfance est devenu une véritable mission académique.
Aujourd'hui, j'ai 21 ans et je termine actuellement mon master à la Barcelona School of Economics (BSE). Arriver ici depuis le Kosovo n'était pas qu'une question de chance. C'était le résultat d'un plan très précis que j'ai commencé à construire pendant mes années de licence à l'Université de Pristina.
Trouver ma voie dans les chiffres
Mon parcours vers l'économie a en réalité commencé au lycée à Gjilan. J'étais dans un programme de sciences naturelles, mais j'ai choisi l'économie en option. On n'avait qu'une heure par semaine, mais la façon dont c'était enseigné a tout changé pour moi. Au lieu de simplement mémoriser des faits, nous devions écrire des dissertations. J'attendais ces devoirs avec impatience. J'aimais la façon dont on pouvait utiliser des méthodes scientifiques pour comprendre le monde.

Dès le début de ma licence au Kosovo, je savais que je voulais partir à l'étranger pour mon master. Je voulais relever le défi d'un nouvel environnement et avoir la chance d'apprendre des meilleurs dans le domaine. J'ai gardé cet objectif en vue dès le premier jour.
Naviguer dans le processus de candidature
Quand est venu le moment de postuler, j'étais vraiment stressée. Je ne suis pas la personne la plus sociable, donc je n'avais pas un grand réseau de personnes ayant étudié à l'étranger à qui demander des conseils. J'ai passé beaucoup de temps sur Google, me sentant un peu perdue. Je me demandais sans cesse si mon CV était suffisant ou si j'allais être rejetée immédiatement.
J'ai finalement choisi BSE parce que, bien que ce soit une institution plus récente, elle est affiliée à l'Universitat Pompeu Fabra et figure parmi les meilleures en Europe pour l'économie et la finance. Ça m'a semblé être le pont parfait entre la ville de mes rêves d'enfance et mes objectifs professionnels.
Si tu es étudiant(e) et que tu penses à cette voie, mon meilleur conseil est de commencer tôt. J'ai passé le TOEFL en décembre de ma dernière année de licence, mais j'avais commencé à me préparer des mois avant. Tu ne veux pas te battre avec des tests de compétence en anglais en même temps que tu essaies d'écrire ta thèse de licence.

Un autre facteur déterminant était ma moyenne. On dit que les notes ne te définissent pas, et c'est peut-être vrai, mais quand tu viens d'une université moins connue comme l'Université de Pristina, une moyenne élevée est ce qui te permet de te démarquer. Ça prouve que tu peux gérer l'intensité.
Concilier la recherche et des études intensives
Le passage de la licence au master a été un choc. Mon programme ne dure qu'un an, ce qui signifie que le rythme est incroyable. J'ai entre quatre et six heures de cours chaque jour, suivies de devoirs sans fin.
Ce qui était vraiment nouveau pour moi, c'était l'accent mis sur le travail en équipe. En licence, je travaillais beaucoup individuellement. Ici, tout est un projet de groupe. Il peut être difficile de coordonner les emplois du temps de tout le monde, mais ça t'oblige à parler aux gens et à collaborer, ce qui a été une formidable expérience de croissance pour moi car j'ai tendance à être plus réservée.
En parallèle de mes études, je travaille comme assistante de recherche. J'avais d'ailleurs commencé un poste similaire au Kosovo durant ma dernière année de licence. J'ai trouvé le poste sur LinkedIn, j'ai postulé et j'ai finalement été promue.

Maintenant, je travaille sur des projets de recherche et co-rédige des notes de politique. C'est parfait pour moi car j'ai toujours su que je ne voulais pas travailler dans une banque. J'aime le côté scientifique de l'économie. Travailler comme assistante de recherche me permet de rester dans ce monde de la recherche académique et non académique, là où je veux vraiment être.
Les leçons du voyage
L'adaptation la plus difficile n'était pas les mathématiques ; c'était la solitude. Je suis très attachée à ma famille, et être seule dans un nouveau pays est mentalement éprouvant. Je suis arrivée un jour après l'orientation, donc tout le monde avait déjà formé des groupes. Au début, j'avais l'impression d'être dans mon coin.
Il y a aussi une barrière linguistique. Je parle un peu espagnol, mais devoir gérer des documents officiels dans une langue étrangère te fait parfois te sentir un peu invisible. Mais ces défis font partie de la croissance.
En regardant vers l'avenir, je prévois de rentrer au Kosovo dès que j'aurai terminé en juillet 2026. Je veux prendre tout ce que j'ai appris ici et le rapporter dans nos universités. Je veux aider les étudiants à réaliser qu'il ne faut pas être timide. Prends la parole en cours, fais connaissance avec tes professeurs et ne te sens pas « pas assez bien » juste parce que tu viens d'un petit pays.
Certains de mes professeurs au Kosovo étaient tout aussi bons que ceux que j'ai à Barcelone. La seule différence est l'accent mis sur certaines compétences techniques comme la programmation en R ou Python. Si tu veux suivre ce chemin, concentre-toi sur tes maths et ton code. N'aie pas peur de te démarquer. Si j'ai réussi à aller de Gjilan à l'une des meilleures écoles d'économie d'Europe, tu peux y arriver aussi.



